Audience en Appel de Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la CPI /Professeur Jacobs : « Une personne acquittée est mise en liberté immédiatement »

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La défense du respect des droits fondamentaux de l’Homme et l’évocation du contexte politique actuel en Côte d’Ivoire ont été les deux axes d’intervention des équipes de défense et leurs contradicteurs, à savoir, le procureur, l’Etat de Côte d’Ivoire et les avocats des victimes. Les défenses de Charles de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont demandé à la chambre d’appel de reconsidérer sa décision en levant les restrictions imposés à leurs clients acquittés, pendant que le procureur et les autres ont plaidé pour le maintien de celles-ci jusqu’au dénouement de la procédure d’appel.

Evoquant les circonstances dans lesquelles la chambre d’Appel peut  réexaminer sa décision relative à la liberté conditionnelle de personnes acquittées, le professeur Jacobs a soutenu que « Sur le principe, une personne acquittée est mise en liberté immédiatement ». D’autant plus qu’aucune charge ne pèse sur la personne. Une posture qui n’a pas laissé les juges sans réaction. Ils ont demandé à l’avocat de se prononcer par rapport à la procédure d’appel en cour. Jacobs s’est voulu intraitable en expliquant que les droits fondamentaux de l’Homme sont absolus. On ne saurait dérogés à ces droits pour des questions d’ordre pratiques comme celles-là. Poursuivant, Me Jacobs a souligné que même dans les cas d’exceptions de dérogations de ces droits, des preuves matérielles, à la clé, des éléments vérifiables sont nécessaires. Toute choses qui est loin, selon lui d’être le cas ici.

L’avocat du président Laurent Gbagbo a estimé que les éléments sont réunis aujourd’hui pour le réexamen des conditions de liberté de Laurent Gbagbo car le contexte a évolué. A cet égard, Me Jacobs a indiqué que l’ancien chef de l’Etat, le président du Pdci, Henri Konan Bédié a rendu visite à Laurent Gbagbo pour parler de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Autre élément évoqué, la procédure d’Appel qui selon lui  indique clairement une évolution au niveau de la procédure.

Par ailleurs, il n’a pas manqué de relever le changement dans la procédure du procureur qui aujourd’hui parle d’erreur judiciaire dans la décision de la chambre préliminaire I. Elément sur lequel se fonde ce dernier pour demander un nouveau procès au cas où l’appel aboutirait.

Sur les arguments de fuites de l’ancien chef de l’Etat et de menace des droits des victimes, le professeur Jacobs a accusé l’accusation de d’entretenir le floue exprès entre réseau et supporter. Il a indiqué à la cour que le président Gbagbo a effectivement beaucoup de partisans en Côte d’Ivoire et en dehors du pays pour son engagement en faveur de la cause africaine. Cela ne devrait pas constituer un obstacle à sa liberté.

Me Knops, l’avocat de Charles Blé Goudé n’a pas dit autre chose. L’acquittement de son client doit amener la chambre à reconsidérer sa position. Il  a exigé que la cour accorde des garanties à son client pour qu’il puisse suivre la suite de la procédure. A cet effet, il a rappelé que Charles Blé Goudé a été condamné récemment en Côte d’Ivoire par la justice ivoirienne sur la même affaire.

Le bureau du procureur, l’avocate des victimes et celui de l’Etat de Côte d’Ivoire ont soutenu que les arguments qui ont milité à la restriction des libertés des personnes acquittés n’ont nullement évolué. Ils ont demandé le maintien en l’etat des restrictions jusqu’à l’examen de la procédure d’Appel.

César Ebrokié

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