Contribution / Administration publique : Pourquoi nous communiquons?

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La mission essentielle de l’Administration Territoriale est une mission de contact avec les populations afin de remonter à la hiérarchie le vécu et les préoccupations de ces populations et d’autre part de permettre la bonne implantation des politiques de développement pour le bien-être constant de ces populations.

Dans un Département d’Abidjan, à la configuration géographique, démographique, culturelle, religieuse, sociale, administrative et politique particulière, comment jouer efficacement ce rôle? Il est impossible de se détourner des nouveaux modes de communication, devenus plus rapides que la vitesse du son ou de la lumière. L’utilisation raisonnable et rationnelle de ce médium nous dispense des griots, des hérauts, des crieurs publics, des tambours, tous plus utiles à des usages traditionnels plus sacrés dorénavant.

Est-il possible de ne se contenter que de notes et circulaires, placardées sur des murs atones et aphones, pour véhiculer des messages de sécurité, de prudence et d’alertes?

Nos Ancêtres ont inventé le tambour parce que dans les savanes et les forêts, dans les montagnes et les vallées, sur l’eau et dans les airs, c’était le meilleur moyen de transporter les messages. Les génies modernes aux formes humaines, souvent noires souvent blanches, ont inventé des modes de communication aux portées jamais expérimentées avant dans toute l’histoire de l’humanité. C’est un bond de plusieurs millénaires que nous font franchir ces nouvelles techniques de communication. Mais la réalité est que notre vie, quelle qu’elle soit, est basée sur des codes.

L’Administration est une de ces forêts de codes, aux secrets difficiles à divulguer… heureusement d’ailleurs souvent car sinon le matériau de la cohérence sociale pourrait s’en trouver affaibli, souvent. Si nous n’apportons pas aux populations l’information nécessaire dont elles ont besoin, elles iront la quérir, peut-être la conquérir et certainement la cueillir. À défaut, elles distordront la réalité et la vérité puisqu’elles ont un profond besoin de miroir.

L’Administration n’est pas une secte réservée à des initiés particuliers. Elle appartient à tous et d’abord au peuple. C’est pourquoi le Gouvernement a particulièrement multiplié les efforts pour communiquer et promouvoir les meilleurs canaux de communication. Derrière l’anonymat de leurs claviers, certains vous insulteront gratuitement, vous saliront et vous détruiront avec une avidité satanique. Leurs doigts dégoulineront du sang de la souffrance de ceux qu’ils auront affreusement suppliciés par deux clics de clavier. D’autres vous pendront et forceront tout votre être à un ensevelissement vivant, ils en tireront un boulimique plaisir de vampires. Même dans ce rôle de bourreaux des temps modernes, ils accomplissent une des fonctions des nouveaux modes de communication: guérir des fantasmes morbides, sublimer la psychanalyse et permettre à l’Homme une déjection utile de ses violences refoulées. Doit-on pour autant arrêter de communiquer, en tant qu’institutions ? Non, c’est même un devoir de maintenir la relation d’information publique nécessaire, comme le font les démocraties occidentales.

Si vous ne communiquez pas utilement et nécessairement avec les populations, ce sont elles qui vous communiqueront des sons indéchiffrables.

Les fonctions d’Autorités telles que les nôtres doivent donc se soumettre à l’épreuve de ces nouvelles manières de communiquer. Elles ne peuvent pas résister à ce changement de notre monde. Elles doivent plutôt l’accompagner et contribuer à la paix sociale….malgré tout.

 

 

Pris sur le blog de

Vincent To Bi Irié

Préfet d’Abidjan

 

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