Pr. Serge Eholié, président de la Société africaine de pathologie infectieuse (SAPI)

Côte d’Ivoire/Congrès des infectiologues africains : Pr. Serge Eholié appelle à la création de plus de service de maladies infectieuses en Afrique

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Pr. Serge Eholié, président de la société africaine de pathologie infectieuse (SAPI) a appelé ce matin à Grand-Bassam les Etats d’Afrique francophone à créer plus de “services de maladies infectieuses“. C’était à l’ouverture du 7ème congrès de la SAPI et des 4èmes journées d’infectiologie de Côte d’Ivoire (JICI) en présence de Dr. Aka Aoulé, Ministre ivoirien de la Santé et de l’Hygiène Publique.

Selon le président de la SAPI, il n’est pas question d’intégrer systématiquement ces services d’infectiologie dans  des “unités de médecine générale ou de médecine interne“. Mais, de les intégrer dans la construction d’un nouveau CHU ou CHR avec à ses côtés “un  laboratoire de microbiologie performant utilisant les technologies les plus récentes“.

Pour Pr. Serge Eholié, il existe un véritable paradoxe en Afrique. “Il existe peu de spécialistes en maladies infectieuses par rapport à d’autres disciplines“. Pourtant, s’appuyant sur “le dernier rapport de l’OMS, les principales causes de morbi-mortalité sont d’origine infectieuses“.

En Afrique francophone, dans l’espace du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), c’est seulement en 1978, a affirmé le président de la SAPI,  que  les certificats d’étude spécialisés (CES) en infectiologie ont débuté  au Sénégal à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar “avec 210 spécialistes formés à ce jour“. S’en est suivi la Côte d’Ivoire 1990, “sous l’égide du Professeur Kadio Auguste [l’un des fondateurs émérites de la SAPI qui sera célébré demain, ndlr]“, l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan a formé “à ce jour 110 infectiologues diplômés“. Le dernier pays à s’être lancé dans la formation des infectiologues, c’est le Mali. « Depuis 2012,  ils ont commencé la formation en maladies infectieuses et ils sont à 17 spécialistes », assure Pr. Serge Eholié.

Les infectiologues africains francophones autour du ministre de la Santé ivoirien (1er rang au centre en costume noir)

“La possibilité d’ouvrir d’autres services de maladies infectieuses et tropicales est étudiée dans le programme de renforcement de l’offre sanitaire que nous avons entamé“, a rassuré le Ministre de la santé en rapport avec la requête de la SAPI. Pour Dr. Aka Aoulé, “dans l’approche de prise en charge des pathologies infectieuses, il conviendrait de mettre un accent particulier sur les urgences. De sorte à ne pas réserver l’exclusivité de ces soins à la médecine interne. En effet, il est plus qu’urgent de déconcentrer les services des urgences“.

Il a par ailleurs annoncé la mise en place un programme de lutte contre la résistance antimicrobienne en Côte d’Ivoire. « Son succès dépendra de l’implication effective des infectiologues“, a plaidé le Ministre de la santé ivoirien. C’est la raison pour laquelle, a-t-il poursuivi,  “je milite pour la prise en charge intégrée des maladies infectieuses“ et “je compte sur votre contribution pour la formation des agents de santé sur le terrain ainsi que à distance, par la télémédecine“.

Coulibaly Zié Oumar

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