Angéline Kili, échange avec notre journaliste Koré Benjamin

Côte d’Ivoire/Crise : Angeline Kili, l’épouse de Affi N’Guessan raconte son cauchemar après 13 jours de blocus

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Les mouvements sont libres pour Angeline Kili, la femme de Pascal Affi N’Guessan. Assignée en résidence surveillée depuis le 3 novembre, elle retrouve la liberté d’aller et venir depuis hier. Elle a confié ses sentiments à Notre Voie.

Notre Voie : Vous venez de retrouver la liberté après près de deux semaines de blocus. Quel est votre sentiment ?

Angeline Kili : Déjà la joie d’aller et venir parce que je n’avais pas ce droit de sortir de chez moi, de recevoir, d’aller vaquer à mes occupations. Je retrouve au moins la liberté de circuler, d’aller et de venir chez moi, je pense que c’est déjà bon.

Comment avez-vous ressenti ces moments de restrictions de vos droits et libertés sans avoir de contacts avec l’extérieur ?

Ça a été des moments assez insolites parce que je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas pourquoi le mardi 3 novembre, à 14h, la gendarmerie est venue chez moi, elle  a bloqué la résidence et m’a empêchée de sortir jusqu’à ce jour. On ne m’a pas donné d’explications, je ne sais pas pourquoi nous avons été l’objet de blocus. Nous étions six personnes à subir le blocus qu’on ne nous a jamais expliqué.

Est-ce qu’on vous présenté un mandat autorisant la gendarmerie à faire ce qui s’est passé à votre résidence ?

Aucun document officiel ne m’a été présenté, aucune autorité ne m’a appelée pour me dire les raisons, rien, je n’ai pas eu d’explications. Je n’ai fait que constater la présence des gendarmes chez moi à l’extérieur comme à l’intérieur.

Vous faites mention de la présence des gendarmes à l’intérieur, votre résidence a-t-elle fait l’objet de fouilles ?

Oui, ils sont arrivés mardi et le jeudi 5 novembre à 6h du matin, ils sont rentrés de force et ils ont procédé à une fouille de toute la maison.

Est-ce qu’ils ont eu accès à votre chambre ?

J’étais couchée et ils m’ont trouvée dans ma chambre qu’ils ont fouillée sans me donner d’explications. Je leur ai demandé ce qu’ils recherchaient mais je n’ai pas eu de réponse.

Coupée de tous les liens avec l’extérieur, comment vous vous approvisionniez en nourritures ?

Il y a seulement trois jours quand les femmes du Front populaire sont arrivées pour nous donner des vivres et deux ou trois personnes sont venues nous apporter des vivres. Avant ces gestes, nous n’avons pas eu le droit de sortir quelque chose ni le droit d’en recevoir.

Dans une pareille situation, n’avez-vous pas eu des soucis concernant votre santé ?

J’ai mon médecin qui me suivait mais c’est seulement le dimanche 15 novembre, qu’elle a pu accéder à la résidence et elle a fait des prélèvements. Elle doit revenir avec les résultats et voilà que le blocus est levé. Je pourrai donc aller à mes rendez-vous médicaux.

Tout ce temps, vous êtes isolée car coupée de votre mari, comment avez-vous vécu la situation ?

Les avocats disent qu’ils n’ont pas accès à mon mari, ils ne savent pas où il se trouve et ils n’ont toujours pas de ses nouvelles. Un des avocats est venu ici à deux reprises dans l’espoir de me rencontrer mais il a été empêché donc je n’ai pas de nouvelles de mon mari et les avocats ne m’ont pas encore donné les nouvelles de mon mari.

Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus sur le sort de votre mari ?

La situation de mon mari me préoccupe parce que ça fait deux semaines qu’il est dans leurs mains. Je ne sais pas ce qu’il mange, je ne sais pas s’il change ses vêtements. Ce qui me préoccupe le plus c’est sa santé. Il est détenu sans avoir sur lui ses médicaments. J’ai ses médicaments mais je n’ai la possibilité de les lui remettre.

Quand on est une femme, on s’occupe de son mari et là, je ne sais pas dans quelles conditions il vit, je ne sais absolument rien de lui.

Maintenant que vous êtes libre de vos mouvements, quel est votre souhait par rapport à la situation de votre mari ?

Mon message va à l’endroit de ses avocats qui sont chargés de le défendre. Ce sont ses avocats qui sont mes interlocuteurs. Je pense qu’ils font toutes les démarches pour pouvoir accès à lui pour que j’accède aussi à lui.

Interview réalisée

Par Benjamin Koré

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