Prof. Ehui Eboi, directeur-coordonnateur du Programme national de lutte contre le sida (PNLS)

Côte d’Ivoire/Santé: le programme national de lutte contre le sida instruit les journalistes sur les 3×90

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Le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) sous la houlette de son directeur-coordonnateur, Prof. Ehui Eboi, poursuivi son initiative de démocratiser l’information sur le Vih et le Sida.

Hier, durant une demi-journée, dans un hôtel à Cocody Angré, les journalistes de tout type de médias ont pu bénéficier d’une formation sur la notion de 3×90. Une notion qui fixe les objectifs à atteindre en matière de lutte contre le sida en termes de prévention et de prise en charge des personnes atteintes du Vih.

En fait les 3×90 séquencent la lutte contre le Vih en trois phases : dépistage-traitement-suppression de la charge virale.

Dans le détail, affirme M. Inza Bamba, du service de suivi/évaluation du PNLS, il s’agit de dépister 90% des personnes vivant avec le Vih ; de mettre 90% de ces personnes dépistées positive au Vih sous traitement antirétroviral ; et de faire en sorte que 90% de ces personnes sous traitement antirétroviral aient une suppression de leur charge virale voire de la rendre indétectable.

Sur le premier 90, la Côte d’Ivoire a pu selon les données recueillis au 1er juin dernier, identifier 79,5% des personnes vivant avec le Vih grâce au dépistage. Le deuxième 90 concerne, 80% de personnes dépistées positives mis en ce moment sous traitement antirétrovirale. Enfin, 73% des personnes qui sont sous traitement sont en suppression virale. C’est le dernier 90. « Tant que nous ne sommes pas à 90% plein, on ne peut pas dire que nous avons atteint nos objectifs », a réagi M. Bamba suite à la question d’un journaliste.

Les agents du PNLS ont ensuite désagréger les 3×90 au niveau de la prévention de la transmission mère-enfant du Vih, au niveau des soins et soutien et de la rétention des soins. Dr. Kouassi a présenté la prise en charge des populations hautement vulnérables (les travailleuses du sexe (TS), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (MSM), les usagers de drogues (UD), les transgenres…). L’atelier de formation a pris fin par une présentation sur le changement de comportement avec M. Gnon Patrice du service de la mobilisation sociale.

Avant, le Prof. Ehui a fait le point de l’infection en Côte d’Ivoire sur l’année 2019. Une année selon lui qui a enregistré 428.827 personnes vivant avec le Vih dans le pays dont 276 818 femmes soit 64,5 % de l’ensemble des PVVIH et 31 662 enfants de 0 à 14 ans, soit 7,4%. La ville d’Abidjan concentre 37% des PVVIH soit 157 771 personnes.

Le directeur-coordonnateur du PNLS a relevé deux faits contradictoires : « alors qu’il y a plus de femmes infectées que d’hommes, on a, à l’opposé, sur 12.893 décès en 2019 de façon générale, autant de femmes que d’hommes ». Comment expliquer cette situation ? Selon Prof. Ehui, c’est parce que les hommes arrivent tardivement à l’hôpital à la différence des femmes qui arrivent plutôt.

Le taux de prévalence général du Vih était de 2,39% (1,46% chez les hommes et 3,36% chez les femmes) en 2019. Les taux sont plus alarmants chez les populations hautement vulnérables avec 12% chez les TS, 11,5% chez les MSM, 22% chez les transgenres…). Une population à surveiller de près et surtout à prendre en charge. Ce à quoi s’attèle le PNLS, selon ses responsables.

Coulibaly Zié Oumar

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