Charles Alain Kla, porte-parole de l'Alliance

Côte d’Ivoire/Syndicalisme: 32 syndicats d’enseignants se mettent en ordre de bataille

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Les nuages s’amoncellent sur le front social en Côte d’Ivoire. Témoin, une faîtière de 32 syndicats du secteur éducation-formation mise sur pied, a décidé de déclarer la guerre à des pratiques aux antipodes de la démocratie. Précisément, le non respect des libertés syndicales qui a cours en Côte d’Ivoire.

Lors d’une conférence de presse organisée samedi au siège de la Plateforme nationale des organisations professionnelles du secteur public (Cocody), Charles Alain Kla, porte-parole de cette structure baptisée « Alliance », explique : « Face aux nombreuses violations des libertés syndicales et le péril qu’elles font planer sur le  syndicalisme en Côte d’Ivoire, l’Alliance se présente comme une organisation de large rassemblement pour des actions concertées dans le secteur ».

L’Alliance des syndicats du secteur de l’éducation-formation a remis en effet  sur le tapis plusieurs griefs pour motiver la tempête sociale qui pointe à l’horizon.

Le conférencier revient alors sur les accords d’août 2017 avec le gouvernement indiquant la levée de toutes les sanctions consécutives à la grève générale de janvier 2017.

« Le ministère de l’Education nationale a refusé d’appliquer ce point d’accord. Ainsi les mutations abusives doublées de 18 mois de suspension de salaire ont été infligées à des enseignants pour fait de grève. 7 directeurs d’école primaire ont été relevés de leur fonction pour les mêmes faits », a-t-il motivé.

L’Alliance ne fait pas fine bouche aussi sur les représailles gouvernementales qui frappent une frange des enseignants du Supérieur pour avoir fait grève. « Les dirigeants de la Cnec avec à leur tête le camarade Johnson Kouassi Zaminan ont été emprisonnés puis libérés en 2018. Ils sont depuis plus d’un an sans salaire et sous sanctions administratives dans le cadre de leurs activités administratives».

Ce n’est pas tout. Puisque Charles Alain Kla note qu’en 2019, suite à un mouvement de grève de la Cosefci et de l’Iseppci, 1500 enseignants ont vu leur salaire soit suspendu, soit ponctionnés, pis, des comptes d’épargne gelés. Et cerise sur le gâteau. « A la fin du mois de janvier 2020, suite à la grève de trois jours pour des revendications corporatistes, 259 travailleurs du ministère de l’Education nationale sont injustement et illégalement suspendus de soldes et un comité dit de sanction qui n’a aucune base juridique est activé en vue de sanction disciplinaire », poursuit le conférencier avec amertume.

Pour qui  ces faits constituent  « une dérive autoritaire » à combattre avec la dernière énergie. D’où l’appel de l’Alliance « à l’ensemble des travailleurs et toutes les organisations syndicales éprises de justice et de liberté à une grande concertation pour préserver les libertés syndicales en Côte d’Ivoire ».

Une chose est à rappeler pour montrer le caractère liberticide et autocratique des sanctions gouvernementales à l’encontre des grévistes. En effet, si la législation en vigueur prévoit des sanctions en cas de grève, ces sanctions devraient obéir à une ponction salariale proportionnelle.

Mais le gouvernement fait autre chose. En violation flagrante de la loi numéro 92- 571 du 11 septembre 1992 portant statut général de la Fonction publique pour les travailleurs du secteur public et le Code de travail pour le privé. Tout comme la Constitution de 2016 qui  garantit le droit de grève en son article 17.

Félix Teha-Dessrait

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