Pr. Alioune Sall et son groupe de réflexion veulent participer à la démocratisation des sociétés africaines

Développement de l’Afrique : Alioune Sall tacle les “plans“ d’émergence en Afrique

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Alioune Sall, directeur exécutif de l’Institut des futurs africains, un think tank (groupe de réflexion) panafricain [spécialisé en prospective] qu’il a fondé en 2003 à Pretoria en Afrique du Sud, n’est pas un fan des “plans“ d’émergence tels que présentés par les chefs d’Etat africains.

Dans une interview qu’il a accordée à la radio française Rfi en mai 2015, il a taclé les “plans“ d’émergence  qui pullulent partout sur le continent africain comme un effet de mode. “Les plans d’émergence, a-t-il dénoncé, sont élaborés par des leaders qui sont en fait des dealers. Ils vendent des projets !“ Or, selon lui, “l’émergence n’est ni un plan, ni un produit que l’on va vendre pour trouver des financements“.

Qu’est-ce que c’est alors l’émergence ? Pour Alioune Sall, auteur de l’ouvrage «Africa 2025: What Possible Futures for Sub-Saharan Africa?», (Unisa Press, Pretoria, 2003), préfacé par Thabo Mbeki, ancien président de l’Afrique du Sud, c’est “un processus de transformation de l’économie, de la société et de la culture. On ne peut pas assigner à l’émergence un horizon temporel précis. Nulle part les choses ne se sont déroulées ainsi“.

Vlan ! Voilà qui va à l’encontre du discours de nombreux Chefs d’Etat africains qui ont fixé  “un  horizon temporel précis“ à l’émergence. En Côte d’Ivoire, c’est 2020, au Cameroun, c’est 2030 pour ne citer que ces deux pays alors qu’ils ont un déficit criante en matière d’infrastructures de base.

Que pense-t-il de l’agenda 2063 de l’Union Africaine ? Pour ce sociologue de 68 ans aujourd’hui,  “il est timoré dans la mesure où il propose un scénario normatif sans avoir assez exploré les autres alternatives“. Selon lui, l’hypothèse sur laquelle a été bâtie l’agenda 2063, signé en 2013 par les Chefs d’Etats africains, est “des plus contestables“. Plus caustique, il pense qu’elle relève “d’une forme de paresse, voire de couardise intellectuelle“.

Pourquoi ? Le spécialiste en prospective répond que l’agenda 2063 de l’Union Africaine part “du principe que la globalisation est bénéfique à l’Afrique et que l’avenir n’est garanti que si l’Afrique s’insère plus dans l’économie mondiale“.

Or, a-t-il poursuivi, “rien ne nous garantit que la globalisation dure cinquante ans encore, sous une seule forme qui serait tirée par la finance et la technologie. D’autres formes de globalisation sont aujourd’hui négociées, entraînées par les peuples et des projets de société“.

 

Coulibaly Zié Oumar

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