Gagnoa-Issia: La route a foutu le camp

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Aller de Gagnoa à Issia (82 km) en passant par Guibéroua et Dignago n’est pas aisé. Le tronçon reliant les deux villes constitue un enfer pour les usagers. Le visage que présente cet axe ramène aux années 70. L’époque où ce tronçon ne connaissait pas encore une couche de bitume.

La route entre les deux localités est tellement dégradée qu’elle impose sa vitesse aux conducteurs qui l’empruntent. Le bitume, un vieux souvenir qui a laissé en héritage, un itinéraire de terre rouge présentant de profondes ouvertures d’où stagnent des eaux jaunâtres en cette période de pluies.

Pour celui qui veut aller vite et inscrire son voyage dans le temps, cette voie n’est pas la mieux indiquée. Car, du fait de sa dégradation achevée, les automobilistes se trouvent soumis à un ralentissement qui, au bout des 82 kilomètres, fait accumuler une fatigue. Effectuer ce trajet en moins de 2 heures relève d’un exploit.

Les camions avancent en serpentant et il se trouve des endroits où il est impossible à deux véhicules de se dépasser. Quand l’un est en mouvement, l’autre est obligé de s’arrêter pour faciliter la circulation.

On assiste à une réhabilitation intégrale de la route Abidjan-Tiassalé-Divo-Gagnoa. Les travaux avancent et les usagers se sentent de plus en plus soulagés. Mais on apprend que ces travaux n’atteindront pas la ville d’Issia. Si tel était le cas, alors la fin des souffrances n’est pas pour demain de Gagnoa à Issia.

Au-delà de cette route qui n’en est plus une, la ville d’Issia se trouve progressivement coupée des autres cités parce que les voies d’accès sont toutes impraticables. Faisant de la ville une enclave. La liaison Issia-Daloa fait partie de ce cauchemar. Les nids de poule devenus de gros trous inondent la voie comme on le constate sur l’axe Issia-Duékoué. Le parcours s’avère autant pénible entre Issia, Saïoua et Sinfra. Une réalité qui laisse le champ libre aux coupeurs de route.

A cette allure de destruction des routes, on se demande comment les évacuations urgentes des malades se déroulent. On s’interroge aussi comment les autres produits agricoles, notamment, le café, le cacao, l’hévéa, la graine de palme, le bois, l’anacarde et tout le vivrier sont acheminés vers Abidjan. Ce sont les vies humaines et l’économie qui en pâtissent.

Benjamin Koré

 

 

 

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