Histoire de Côte d’Ivoire : Les historiens ivoiriens rendent hommage au Prof. Claude-Hélène Perrot

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Les historiens de Côte d’Ivoire ont rendu hommage jeudi dernier à l’Institut d’histoire, d’arts et archéologie-africains (Ihaaa) sis à Treichville, au Prof. Claude-Hélène Perrot  décédée  le 16 juillet dernier à Paris. Cette africaniste et spécialiste de l’histoire de la Côte d’Ivoire s’est distinguée par ses recherches sur l’histoire du peuplement et de la formation des espaces culturels en Côte d’Ivoire notamment l’histoire des Ehotilés d’Adiaké.

Selon le Prof. Bamba qui fut son étudiant, elle a contribué à la formation des cadres supérieurs africains en faisant aboutir 25 thèses sur l’histoire de l’Afrique. « La Côte d’Ivoire et le Gabon viennent en première ligne avec six étudiants [dont moi] par pays », a-t-il révélé.

Trois témoignages majeurs ont marqué cette journée d’hommage rehaussée par la présence de Mme Henriette Dagri Diabaté, Grande Chancelière de Côte d’Ivoire qui par ailleurs a connu la défunte.

Le premier témoignage est celui de Mme Henriette Dagri Diabaté elle-même. Elle a rencontré pour la première fois Mme Perrot, selon ses dires, « à la rentrée académique de 1968, à l’Ecole des Lettres, qui deviendra, en 1971, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, dont une partie constitue aujourd’hui l’UFR des Sciences de l’Homme et de la Société » où Mme Claude Perrot y enseignait déjà.

Et elle l’a accueilli « peut-être » parce qu’elles étaient les deux seules femmes à enseigner l’histoire dans un univers des hommes. Mais aussi, parce que, « nous travaillons sur l’aire culturel akan, précisément sur les Anyi : Claude sur les Anyi Ndenye et moi sur les Anyi du Sannvin ; ce qui appelle nécessairement une complémentarité ».

La dernière rencontre entre les deux historiennes remonte selon Mme Diabaté, à 2013 lors du colloque d’hommage « au professeur Yves Person », un autre historien français qui les a toutes les deux encadré.

La feue Prof. Claude-Hélène Perrot 

Le deuxième témoignage est celui de Mme Angèle Gnonsoa. « C’est Claude qui m’a encouragé  et guidé dans mes recherches sur les masques Wè », a reconnu l’historienne. Selon elle, il était difficile en tant que femme de travailler sur les masques Wè si on n’avait pas au moins 60 ans. Alors qu’elle n’avait que 30 ans à l’époque des faits. « Il a fallu trouver des astuces pour me faire accepter. C’est avec Claude que nous avons travaillé pour me permettre de faire ces recherches ».

Malheureusement, toutes ses recherches sur les masques Wè,  selon elle, ont été emportées dans la crise postélectorale de 2011.

Enfin le dernier témoignage est venu du Prof. Jean Noël Loucou, historien et actuel directeur de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix de Yamoussoukro. A l’en croire, le Prof. Claude-Hélène Perrot n’aimait pas lors de ses séjours en Côte d’Ivoire, loger à l’hôtel. Elle préférait loger chez des amis.

Dans les villages, elle prenait, toujours selon Jean Noël Loucou, plaisir à faire comme les africaines, allant se laver dans les bois « un pagne noué sur la poitrine ». Et « elle était admirative des cases et constructions traditionnelles ».

Au-delà de leurs divergences, le Prof. Jean Noël Loucou a avoué avoir apprécié chez le Prof. Perrot, son « souci constant d’intégrer l’histoire africaine aux interrogations et aux méthodes historiographiques de son temps. Elle a ainsi fait appel dans ses publications, à la démographie historique, au fait religieux, à la micro histoire qui permettent de restituer la cohérence d’un univers restreint comme c’est le cas de l’ouvrage sur les Ehotilés, en faisant varier les angles de vue et les gestuelles d’observations ».

Coulibaly Zié Oumar

 

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