Prévention contre la Dengue: Détruire les gîtes larvaires

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«Si on fait la destruction des larves, on n’aura plus de moustiques adultes ». C’est le conseil donné hier au siège de l’Institut national d’hygiène publique (Inhp) à Treichville au cours d’une conférence de presse par le Pr. Bénié Joseph, directeur de l’Inhp dans le cadre de la campagne contre la dengue qui sévit en ce moment en Côte d’Ivoire notamment dans le district d’Abidjan.

« A la date du 3 mai 2019, nous avons dénombré 78 cas confirmés dont 2 décès », a révélé le directeur de l’Inhp. Les localités les plus touchées selon lui, sont les communes de Cocody, Bingerville et Abobo. Il s’agit d’une épidémie qui a été aussitôt déclarée à l’OMS. Et qui a nécessité l’activation du Centre des opérations d’urgence de santé publique avec la tenue de réunions hebdomadaires de coordination de la gestion de l’épidémie.

Pour le conférencier, la situation n’est pas alarmante mais peut le devenir si la propagation du moustique tigre (zébré de couleur blanc-noir) qui pique pendant la journée entre 16h et 18h n’est pas interrompue. Mais comment interrompre la chaîne de transmission du virus de la dengue ? A cette question le Pr. Bénié Joseph estime qu’il faut commencer par détruire les gîtes larvaires (les réservoirs des œufs du moustique). Pour cela, la population est invitée à vider les retenues d’eau après chaque pluie. A assécher les eaux stagnantes, éviter de garder non couvert les récipients contenant de l’eau.

Par ailleurs, le conférencier a recommandé aux populations de se débarrasser des objets usagers qui favorisent la présence et la reproduction des moustiques, notamment les casseroles, les canaris, les vieux pneus. Changer tous les deux ou trois jours l’eau des pots de fleur, désherber les alentours des maisons, surtout éviter les plantations de bananiers en agglomération ou tout autre arbre à feuilles engainantes comme l’arbre du voyageur, mettre des grilles anti-moustiques aux portes et fenêtre des maisons, dormir le jour comme la nuit sous moustiquaire imprégnée d’insecticide.

C’est clair, l’option choisie par les autorités sanitaires est d’impliquer la communauté dans la lutte contre cette épidémie de dengue. « Nous n’avons pas priorisé la démoustication de masse comme nous l’avons fait en 2017. C’est un choix que nous assumons car si nous la population suit nos recommandations en détruisant dans leur maison et leur environnement les larves du moustique tigre, il n’y aura plus de transmission.

Parce qu’il n’y aura plus de moustiques adultes pour transmettre le virus », a expliqué Pr. Bénié. Pour autant, le conférencier a affirmé craindre la survenue d’une épidémie plus importante à l’approche de la saison des pluies si les mesures préventives ne sont pas appliquées par les populations. « Il y a un risque réel de voir une épidémie conjuguée de dengue, paludisme et fièvre jaune pendant la prochaine saison pluvieuse, si nous n’appliquons pas les mesures préventives », a-t-il averti.

La dengue se manifeste par les signes de fièvre associée ou non à des maux de ventre, de tête, des vomissements persistants, des douleurs aux articulations et une fatigue intense. « Dans certains cas, le malade peut saigner et en mourir», a mis en garde Pr. Bénié qui recommande de se rendre sans hésitation dès l’apparition de ces signes au centre de santé le plus proche.

 

Coulibaly Zié Oumar

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