Guillaume soro condamné à 20 ans de prison: Les péripéties d’un procès

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Un procès à sens unique, sans contradiction, pour aboutir à ce verdict : 20 ans d’emprisonnement ferme pour Guillaume Soro et 7 ans de privation de ses droits civils. 4,5 milliards d’amendes, 2 milliards en guise de dommage et intérêts pour l’Etat de Côte d’Ivoire, l’initiatrice de la poursuite. Et ce n’est pas tout ! L’immobilier acquis par Guillaume Soro est réquisitionné au profit de l’Etat. Le tribunal ayant constaté la caducité du mandat d’arrêt émis, a décidé de l’émission d’un nouveau mandat d’arrêt. Il est 14h 30min lorsque le juge Cissoko Amourlaye prononce cette décision mettant fin au procès qui a démarré aux environs de 11h. Soit 2 heures de débats.

Ainsi, en dépit de l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) du 22 avril enjoignant à l’Etat de Côte d’Ivoire de surseoir à l’exécution du mandat d’arrêt émis contre l’ancien président du parlement et de libérer provisoirement ses collaborateurs dont l’ex-ministre Alain Lobognon, le tribunal correctionnel d’Abidjan a statué, hier mardi, sur l’affaire de détournement de derniers publics, relativement à l’acquisition d’une résidence par Guillaume Soro.

A l’entame de l’audience, le tribunal a constaté tout de suite l’absence du prévenu et de ses conseils. Le procureur de la République a dit que cette situation ne gêne en rien le déroulement normal du procès, d’autant plus que, dira-t-il, les significations ont été faites à l’ensemble des parties. Richard Adou a précisé que les avocats de Guillaume Soro ont refusé de recevoir les huissiers. Au titre des témoins, Kamaraté Souleymane, alias Soul To Soul a brillé également par son absence.

L’Agent judiciaire du trésor est alors appelé à la barre pour éclairer la lanterne de l’auditoire. C’est son conseil qui se présente à la barre. Les avocats expliquent que c’est courant 2019 au cours d’un contrôle de routine, qu’il a été découvert une sortie d’argent sur le compte du Trésor public ivoirien. Les enquêtes, soutiennent les avocats, permettent tout de suite de réaliser que la somme de 1,5 milliard a été virée sur le compte de la Société  de construction immobilière Ebur (SCI EBUR). Poursuivant, le représentant de l’agent du trésor à la barre dira que les investigations approfondies ont révélées que le bien immobilier acheté pour le compte de la SCI EBUR ne porte pas le nom de l’Etat, mais plutôt, celui de Guillaume Soro, le Premier ministre d’alors.

Le président du tribunal demandera si cette procédure respecte les normes. « Non », a répondu l’un des avocats. Et le tribunal de poursuivre en demandant comment les choses devraient se passer. Les avocats reprennent alors la parole pour expliquer que normalement c’est la SOGIPIE qui intervient pour le compte de l’Etat. Cissoko Amourlaye et ses conseillers reviennent à la charge pour des précisions. « Est-ce que la SOGEPIE est intervenue ? ». « Non ».

A présent, c’est autour de N’Guesan N’Guessan, le notaire de soumettre aux questions de la Cour. Le témoin donne sa version en expliquant que c’est en septembre 2007 que les anciens ministres Marcel Amon Tanoh et feu Charles Koffi Diby, alors ministre de la construction et de l’économie et des finances  lui ont demandé d’aller rencontre le Premier ministre d’alors Guillaume Soro. Au des échanges, il a soutenu que celui lui a demandé de fa    ire un montage financier pour la création d’une société immobilière en vue de l’acquisition d’immeuble pour le Premier ministre. Ainsi la SCI EBUR a été créé avec deux associés. Soul To Soul, le gérant, et l’autre associé, Cissé Mory. Le capital, a-t-il révélé est de 2 millions.

N’Guessan N’Guessan Réné a soutenu avoir reçu au total 11 chèques du Trésor. Il a précisé que le montant décaissé était d’environ 1,9 milliards. 1,5 milliards pour l’achat et environ 400 millions pour les frais d’achat. Question au témoin. « Est-cela normal ? ». Le notaire a dit qu’il n’a fait que faire ce qu’on lui a demandé. Me Méité Ben Abdoulyae de l’Etat de Côte d’Ivoire a demandé si cet argument était valable devant le tribunal pour justifier cette attitude. La réaction des avocats de N’Guessan N’Guessan Réné ne s’est pas fait attendre. Le notaire, ont-ils avancé, est là pour éclairer la cour. Pas question à la place des prévenus qu’il soit « cuisiner ». Le procureur de la République a révélé que le témoin sera poursuivi dans une autre procédure.

Les avocats ont soutenu que les faits de détournement et de recel de derniers publics sont établis. L’argent vient du trésor et les chèques sont là pour le démontrer. En outre, il y a eu un plan pour un montage financier à la lumière du témoignage du notaire. Secundo, l’on a détourné le bien immobilier pour le compte de Guillaume Soro. Ils ont souligné que les faits ne sont pas prescrits car Guillaume Soro continue de jouir du bien.

Dans sa décision, le juge a suivi la réquisition du procureur.

César Ebrokié

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