Remplacement du Fcfa par  L’Eco: Le gouvernement accueille l’annonce de la reforme dans l’indifférence  

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 « En ma qualité du président la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA et en vertu du mandat que mes paires m’ont donné,  je suis heureux d’annoncer qu’en accord avec les autres chefs d’Etats de l’UEMOA, nous avons décidé de faire une reforme du franc CFA avec les trois changements majeurs suivant: tout d’abord, le changement du nom de la monnaie du franc CFA à l’ECO. Deuxièmement, l’arrêt de la centralisation de 50% nos réserves de changes au trésor français et la fermeture du compte d’opération. Troisièmement, le retrait des représentants de la France de tous les organes de décisions et de gestion de l’UEMOA ». C’est avec surprise que certains membres du gouvernement et des officiels de la délégation française ont accueilli, le samedi 21 décembre 2019, l’annonce d’Alassane Ouattara sur la réforme du franc Cfa. Annonce consécutive, à la rencontre de la CEDEAO organisée, la veille, le vendredi, à Abuja, dans la capitale nigériane. L’atmosphère dans la salle des pas perdus du palais présidentiel,  était loin d’une explosion de joie, à la hauteur du caractère « historique » de l’événement.

Au sortir de leur rencontre, les deux chefs d’Etat ont animé une conférence de presse qui a été dominée, outre la question de reforme du franc Cfa, par les relations France-Afrique et la lutte contre le terrorisme. Sur la question du Franc Cfa,  le chef de l’Etat ivoirien, président la conférence des chefs d’Etat de l’UEMOA a indiqué que «Les chefs d’Etat de l’UEMOA ont également décidé du maintien de la parité fixe avec l’Euro et convenu du maintien de la garantie convertibilité suite à cet accord ». Par ailleurs, Alassane le président de la République a expliqué que la parité fixe à l’Euro est une bonne chose. Car cela va permettre de stabiliser l’économie des pays de l’UEMOA. « Le taux de change fixe est une bonne chose, sinon nous serons un pays d’inflation comme de nombreux pays en Afrique de l’ouest. De grands pays producteurs de pétrole ont une parité fixe avec le dollar. En ce qui concerne la garantie, nous voulons éviter les spéculations

Emmanuel Macron a affirmé qu’il s’agit d’un changement historique qui traduit bien la volonté les leaders africains, non seulement de renforcer l’intégration africaine de prendre leur destin en main. « Je suis très heureux aujourd’hui, d’être aux côtés de Ouattara pour ensemble annoncer cette reforme historique majeure. Cette reforme vise ensemble  à viser une nouvelle étape…Le président Ouattara et les chefs de l’Etat de l’UEMOA ont fait le choix de préserver ce qui fait la force et la stabilité de la zone économique de l’UEMOA. A savoir la parité fixe de la monnaie avec  l’Euro d’une part et la garantie de la France d’autres parts. C’est leur choix, c’est leur demande explicitement annoncée par le président Ouattara », dira-t-il.

Sur un ton d’exaspération, le président français l’Etat n’a pas manqué de relever les complaintes récurrentes d’une partie de l’opinion africaine à l’égard de la France. « La question du franc Cfa cristallise de nombreux débats et nombreuses critiques sur le rôle supposé de la France en Afrique  Et c’est la jeunesse africaine qui accusent…Je vois les réseaux sociaux, je  lis la presse et je vois votre jeunesse qui nous reproche en quelque sorte de continuer une relation économique et monétaire post-coloniale. Moi j’appartiens à une génération qui n’a pas connu le colonialisme. Beaucoup de ceux qui nous reprochent n’en n’ont pas connu davantage… La France n’a rien à cacher », a déclaré Macron.

L’hôte de la Côte d’Ivoire  s’est insurgé contre l’attitude des chefs d’Etat africains qui selon lui, ne font pas preuve d’assez de responsabilités en n’expliquant pas  clairement à leur opinion qu’ils sont à la base de la demande de la présence militaire française. Emmanuel Macron a affirmé qu’il tirera « toutes les conséquences » de ceux qui s’adonnent à jeux troubles avec la France. Il a souligné le sacrifice de l’armée française pour sauver certains pays africains de la menace terroriste.

Réagissant toujours aux critiques contre la France, le président Emmanuel Macron a insisté sur la qualité de la coopération entre la France et les Etats africains. Des relations empruntes  de l’histoire et de la culture des deux peuples. Mais surtout des relations ayant un visage humain. En ce sens que la coopération prend en compte la formation des jeunes et l’épineuse question de l’emploi. Sans cité de pays, il a comparé la coopération français d’autres coopérations qui selon lui, donnent beaucoup d’argent, mais cependant offre peu d’emplois jeunes africains. Toutefois, il a reconnu que la République a fauté.

Sur la question sécuritaire, le président français est persuadé que l’opération Barkhane  est nécessaire. Il s’est engagé à continuer d’apporter son soutient aux Etats Africains. Interrogé sur les événements de novembre 2004, il a botté en touche en affirmant : «Il ne m’appartient pas de me prononcer sur des faits qui relèvent d’une enquête judiciaire qui suit son cours.  Nous avons décidé d’aller rendre hommage à ces soldats ».

César Ebrokié

 

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