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Retour de Laurent Gbagbo et Blé Goudé en Côte d’Ivoire / Affi N’Guessan : « Le chef de l’Etat a un rôle à jouer »

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Pascal Affi N’Guessan, à la tête d’une délégation du Front populaire ivoirien (FPI) a rencontré, hier, le vice-président entouré de certains ministres pour évoquer l’actualité politique. Ici, l’intégralité de son discours à sa sortie d’audience.

« Nous avons demandé au vice-président et à un nombre de ses collaborateurs de nous  accorder cette audience. Nous sommes venus parler de la Côte d’Ivoire. Nous sommes venus parler de la situation des Ivoiriens autour de quatre principaux points. D’abord toutes les questions liées aux futures échéances électorales à l’élection présidentielle de 2020 qui exigent  que nous nous entendions au niveau de l’opposition et du gouvernement sur le cadre juridique et institutionnel. Notamment, la Commission électorale et indépendante, le code électoral, les conditions générales liées aux élections. Et comme vous le savez après plusieurs rounds de négociations des problèmes subsistent. Les acteurs ne sont pas encore totalement engagés dans ce processus à telle enseigne que les perspectives que ces élections se tiennent dans la sérénité, dans  la convivialité, dans la paix et la sécurité  ne semblent pas encore réunies à l’heure actuelle. Nous sommes venus nous ouvrir au chef de l’Etat et au gouvernement sur ces questions et faire des propositions pour que la commission électorale indépendante, notamment la commission centrale intègre tous acteurs majeurs. Et donc que les décisions soient prises pour que les acteurs majeurs de la vie politique soient représentés dans la commission électorale indépendante et que les commissions locales qui sont à l’heure actuelle dominées à plus de 98% par les représentants du RHDP soient réorganisées de manière à refléter l’ensemble des forces politiques su pays, donc être une structure véritablement équilibrée pour inspirer confiance à tous les acteurs et mettre fin aux grognes, aux brouhaha que nous entendons actuellement autour du processus électoral.

Il y a d’autres questions qui touchent par exemple à l’enrôlement, la carte nationale d’identité au financement des candidats aux présidentielles etc. Qui ont fait l’objet de discussions ou de négociations sur lesquelles nous sommes revenues parce que nous pensons que ce sont des questions essentielles sur lesquelles le président de la République en soit suffisamment sensibilisé pour pouvoir prendre des décisions majeures. Il s’agit de la modernisation de notre pays. Il s’agit de la réforme de l’Etat de façon générale. Il ne s’agit pas seulement de brandir des résultats économiques. Il faut aussi que sur ce terrain de la démocratie, sur le terrain des libertés, le gouvernement puisse revendiquer des reformes majeures qui vont rester dans l’histoire de notre pays. En dehors de ces questions, nous avons parlé aussi de l’environnement socio-politique général.

D’abord la question des prisonniers politiques. Nous avons souhaité que le président de la République fasse en sorte que l’acte majeur qu’il a posé à travers la loi d’amnistie ne soit pas une symphonie achevée. Parce qu’aujourd’hui, d’autres compatriotes notamment des militaires sont aujourd’hui en prison. Et cette situation en quelques sortes limite la portée de la décision prise  en 2018. Nous avons souhaité que le président de la République aille au bout de la volonté qu’il a exprimé en 2018, c’est-à-dire, de tourner la page de la crise de 2010-2011. Pour nous il s’agit de fermer la page de nos turbulences, de nos affrontements. Et c’est dans le même esprit que nous avons posé le problème du président Laurent Gbagbo. A l’heure actuelle plus rien ne justifie son maintien en dehors de la Côte d’Ivoire. La CPI a conclu à son acquittement, il nous appartient en tant qu’ivoirien de nous entendre pour voir comment nous capitalisons cette décision d’acquittement. Il appartient au gouvernement de reprendre en main ce dossier. De notre point de vue, c’est un message qui est adressé et nous sommes venus voir avec le chef de l’Etat ce qu’il faut faire pour que le retour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé participe de la dynamique de  réconciliation nationale et de reconstruction de notre pays. Le chef de l’Etat a un rôle important à jouer. Il l’a exprimé à plusieurs occasions. Nous sommes des frères. Le président Gbagbo est son frère. Au-delà de ce que les avocats ont pu dire là-bas, nous savons tous que le dossier est d’ordre politique. La justice a fini son travail. La justice nous regarde par rapport à notre capacité à nous approprié notre processus de réconciliation nationale et à agir dans ce sens. Je ne vais pas vous mentir. Nous avons évoqué aussi le dossier de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Nous nous inquiétons de la situation actuelle. Nous avons tenu à l’exprimer au président pour voir dans quelle mesure pour que personne, aucun ivoirien n’ait des raisons de mettre la paix et la stabilité de ce pays surtout dans la perspective des élections de 2020.

Donc voilà un ensemble de préoccupations que nous avons que nous tenu à exprimer au vice-président, ministre d’Etat et au ministre et à travers eux au chef de l’Etat. Nous restons ouverts pour que si le président de la République souhaite nous rencontrer pour nous apporter des apaisements par rapports aux préoccupations, ou nous écouter par rapport aux arguments qui fondent notre démarche nous puissions le rencontrer. En tout cas, c’est la situation de notre pays, l’avenir à court terme du pays, à travers la tenue prochaine des élections. C’est cette situation qui explique notre présence au palais de la présidence de la République ce matin.

Propos retranscrits par César Ebrokié

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