Vladimir Poutine, le président Russe

Russie/Covid-19: Poutine présente « Spoutnik V », le “premier” vaccin contre la maladie

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La Russie de Vladimir Poutine a présenté hier à la face du monde ce qui, selon elle, est le vaccin contre la covid-19. Le « premier ».  Son nom, « Spoutnik V ». (V comme vaccin), en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite le 4 octobre 1957.

C’est le président russe lui-même, depuis sa résidence où il est confiné, qui a donné l’information au cours d’une conférence de presse.  Une autorisation réglementaire de développement a été donnée par le ministère de la santé russe à l’Institut Nikolaï Gamaleïa, un centre de recherche d’Etat en épidémiologie et microbiologie situé à Moscou.

A en croire, Vladimir Poutine, « spoutnik V » est « très efficace,  permet de développer une forte immunité et, je le répète, il a passé tous les tests nécessaires. » Pour rassurer les Russes, il a même révélé que l’une de ses filles a été vaccinée avec le nouveau produit. Et selon la concerné, « j’ai seulement fait une fièvre pendant deux jours. Mais, aujourd’hui ça va ».

Spoutnik est un « vaccin à vecteur viral, c’est-à-dire qu’il utilise comme support un autre virus qui a été transformé et adapté pour combattre la Covid-19 ».

 Selon le journal le Monde, Mme Tatiana Golikova, vice-première ministre chargée des questions de santé, espère  vacciner d’abord dans les semaines à venir, le personnel médical puis les enseignants. Pour la population générale, ce sera à partir du 1er janvier 2021, selon le registre national des médicaments du ministère de la santé, consulté par les agences de presse russes.

Des scientifiques russes en charge de la mise au point de spoutnik, s’étaient injectés leur prototype de vaccin en mai dernier sous une pluie de critique de la communauté scientifique mondiale. Cette dernière estime que c’est une méthode en rupture avec les protocoles habituels destinés à accélérer le processus scientifique au maximum.

Pour M. Kirill Dmitriev, président du fonds souverain russe impliqué dans le développement du vaccin, « plus d’un milliard de doses » ont déjà été précommandées par 20 pays étrangers.

Toutefois, la communauté scientifique mondiale, comme il fallait s’y attendre, a émis de sérieux doutes sur l’efficacité de ce vaccin contre la covid-19.

En effet, en matière de recherche vaccinale, il y a plusieurs étapes pour valider un vaccin et l’administrer à l’homme.

Il y a l’étape sur l’animal (souris, singe…) qui permet de sélectionner le bon candidat vaccin avant de passer à l’étape des humains. Cependant, ces essais peuvent souvent donner d’excellents résultats chez l’animal, mais pas forcément ensuite chez l’être humain, affirment les spécialistes.

Les réserves de la communauté scientifique mondiale

Au niveau des humains, il y a trois phases. Les deux premières vont permettre  de déterminer d’éventuels effets secondaires très fréquents, de déterminer la meilleure dose de vaccin expérimental sur une dizaine de personnes volontaires, pour la première étape. Et d’étudier, dans la phase 2, les détails de la réponse immunitaire, de préciser les schémas d’administration (nombre de doses, etc.), et d’identifier les effets secondaires fréquents, cette fois-ci sur une population de volontaire plus grande.

Enfin, arrive la phase 3. C’est celle-là qui est intéressante dans le cas du vaccin russe. Cette phase  incluse concerne des centaines de milliers de volontaires. C’est-à-dire, une population beaucoup plus importante que dans la phase 2.  Elle a pour but de savoir si le vaccin protège contre la maladie. « Il s’agit donc d’observer dans quelle mesure les personnes vaccinées qui sont exposées au microbe résistent à la maladie dans les semaines/mois après la vaccination.

Ces essais à large échelle sont les seuls capables de détecter les effets secondaires rares, ainsi que de définir dans quelles classes d’âge ou groupes de population le candidat-vaccin est efficace – ou non », explique Infovac, un site d’information sur les vaccinations.

Selon la presse russe, la phase 3 des essais vaccinaux pour spoutnik vont commencer seulement aujourd’hui. C’est-à-dire ce mercredi 12 août. Et, vont s’achever en septembre. Alors question : comment un essai vaccinal qui n’est pas encore abouti peut-il être efficace comme l’affirme le président russe ?

C’est ce qui explique les réserves de la communauté scientifique mondiale avec l’Oms en tête. Tout produit pharmaceutique devrait « être soumis à tous les différents essais et tests avant d’être homologués pour leur déploiement », rappelle  l’Oms. L’Organisation mondiale de la santé, de mettre en garde en disant  qu’avant toute « pré-qualification » de sa part, elle devait examiner par des « procédés rigoureux » l’ensemble des données « recueillies lors d’essais cliniques ».

Or selon le ministère de la santé allemand, « il n’y a pas de données connues concernant la qualité, l’efficacité et la sécurité du vaccin russe ».

Selon le Monde, « jusqu’ici, la Russie n’a pas publié d’étude détaillée des résultats de ses essais permettant d’établir l’efficacité des produits qu’elle dit avoir développés ».

Malgré tout, les russes sont en train de mettre au point, un deuxième vaccin dans leur centre de recherches Vektor (en Sibérie) et qui fait également l’objet d’essais cliniques qui doivent être achevés en septembre.

La question du vaccin contre la covid-19 est pour les grandes puissances, un enjeu politique, stratégique et économique. Ils ne se feront donc, aucun cadeau pour se discréditer sur l’efficacité ou pas de la trouvaille de l’une d’entre l’elle.

Coulibaly Zié Oumar

 

 

 

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