La sénatrice de la Californie Kamala Harris pourrait être la première femme Vice-présidente des États-unis après l'élection présidentielle du 4 novembre prochain

USA/Présidentielle 2020: voici pourquoi Joe Biden a porté son choix sur la sénatrice Kamala Harris

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La sénatrice de Californie, réputée pour son charisme et son sens de la joute verbale, sera la colistière du candidat démocrate à la présidentielle. Elle pourrait devenir la première femme noire vice-présidente des Etats-Unis.

Un homme, une femme. Un Blanc, une Noire. Un vétéran de la politique de la côte est, une sénatrice en vue de la côte ouest. En choisissant Kamala Harris comme colistière dans la course à la Maison Blanche, Joe Biden a fait le choix de la complémentarité et de la sécurité.

Kamala Harris est entrée mardi dans l’histoire en devenant la première femme noire (de père jamaïcain) et asiatique (de mère indienne), candidate à la vice-présidence des Etats-Unis. Joe Biden a longtemps fait durer le suspense même si son choix s’est finalement porté sur celle qui était favorite depuis le début parmi une demi-douzaine de concurrentes. Beaucoup à Washington évoquaient même ce ticket avant la candidature de Biden aux primaires.

Sa couleur de peau et son ascension rapide au sein du Parti démocrate – elle a été candidate aux récentes primaires après seulement un mandat de sénatrice – lui ont valu de nombreuses comparaisons avec Barack Obama dont elle est proche. « Je connais la sénatrice Harris depuis longtemps, a déclaré l’ex-président américain mardi. Elle est plus que prête pour le poste. »

Un tremplin vers la Maison Blanche

Le choix de Joe Biden, 77 ans, et qui serait l’homme d’un seul mandat, revêtait une importance particulière. Le poste de vice-présidente pourrait en effet être un tremplin vers une candidature à la Maison Blanche en 2024. Voire vers une arrivée au Bureau ovale plus tôt si le démocrate ne terminait pas son mandat pour raison de santé. Kamala Harris, 55 ans et forte d’une première expérience de candidature aux primaires, a donc des chances de devenir la première femme présidente des Etats-Unis.

Kamala – son prénom veut dire « fleur de lotus » – Harris est une enfant d’immigrés. Son père arrive aux Etats-Unis pour étudier l’économie et finit par l’enseigner à l’Université de Stanford, tandis que sa mère travaille dans la recherche sur le cancer du sein. Ses parents se séparent lorsqu’elle a cinq ans.

Avec sa mère et sa soeur Maya, elle grandit à Berkeley, en Californie, et à Montréal, au Québec, avant de faire ses études à l’Université de Howard – la fac des élites noires américaines – à Washington. Elle retourne ensuite en Californie pour passer le barreau. Procureure de carrière, elle grimpe tous les échelons jusqu’à être élue procureure générale de Californie puis sénatrice du même Etat, poste qu’elle occupe encore aujourd’hui et qui n’est pas menacé pour novembre.

Réputation de sévérité

Sa réputation de sévérité lors de sa carrière de procureure et sa réticence à poursuivre les policiers ayant tué des civils lui ont valu des critiques de la gauche du Parti démocrate et du mouvement Black Lives Matter qui lutte pour une réforme de la justice criminelle.

Lorsqu’elle était candidate aux primaires démocrates pour la Maison Blanche, le ralliement jugé trop tardif de cette centriste à certains thèmes – chers au socialiste Bernie Sanders et à la jeune garde menée par la new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez – comme l’assurance santé universelle (elle a rétropédalé depuis) ou le salaire minimum à 15 dollars de l’heure, a aussi été perçu comme de l’opportunisme.

Mais cette image de fermeté et de modération, si elle braque la gauche américaine, lui vaut la sympathie du camp centriste et de certains républicains anti-Trump. Une donnée bien comprise par Joe Biden, qui souhaite rassembler au-delà de son propre camp, en mordant dans le camp adverse, pour l’emporter en novembre. Kamala Harris, si elle est plutôt classée dans le camp des démocrates centristes, comme Obama ou Biden, a pourtant épousé plusieurs propositions très progressistes pendant les primaires. Donald Trump, lui, a déjà préparé un surnom pour sa nouvelle cible : « phony » Kamala (qu’on pourrait traduire par « fausse » ou « hypocrite »). Cette nuit, en apprenant le choix de Biden, le président s’est dit « surpris » : « elle a eu de très mauvais résultats aux primaires. Et ça, c’est comme un sondage », a-t-il taclé.

Reste que Kamala Harris s’est fait remarquer pour son charisme et son sens de la répartie, notamment lors des débats des primaires démocrates. Sa principale cible était d’ailleurs… Joe Biden qui, penaud, a fait les frais de ses attaques sur le thème de la ségrégation à l’école. Ce caractère combatif pourrait dans les prochaines semaines permettre de contrebalancer certaines faiblesses du candidat démocrate qui a tendance à gaffer, et a parfois du mal à répondre aux invectives. Kamala Harris affrontera notamment le très stoïque vice-président Mike Pence lors d’un débat qui promet déjà d’être épique.

In Le Parisien du 12 août 2020
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