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Véritas par Didier Dépry : La vengeance ne construit aucune Nation

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Par Didier Dépry
didierdepri@yahoo.fr

Nelson Rolihlahla Mandela (dont le non de tribu Xhosa est Madiba) avait raison lorsqu’il affirmait, quelques années après sa libération, le 11 février  1990, des geôles de l’apartheid où il a passé 27 ans d’emprisonnement dans des conditions souvent inhumaines du fait du régime ségrégationniste au pouvoir en Afrique du Sud, que «la vengeance n’est pas mon caractère ni une partie de mon éthique.

La mentalité de représailles détruit les États tandis que la mentalité de tolérance construit les nations ». venu au pouvoir après les premières élections démocratiques et ouvertes du pays en 1994, Nelson Mandela n’a pas ostracisé la minorité blanche face à la majorité noire.

Bien au contraire, il a tendu la main aux Blancs. Contre la position, à bien des égards, de l’aile radicale de l’ANC, son parti politique. Premier président démocratiquement élu d’Afrique du Sud, Mandela désignera comme l’un de ses deux vice-présidents, son prédécesseur Frederik de Klerk.

La «nation-arcen-ciel» aura tout son sens sous Nelson Mandela. Même si elle se poursuit toujours au-delà ses vicissitudes. La construction de la nation sud-africaine a été bien amorcée par Nelson Mandela à travers une politique de catharsis générale incarnée par la Commission Vérité et Réconciliation. Le prix Nobel de la paix qui lui a été décerné en 1993 au même titre que Frederik de Klerk constitue un juste retour des choses. Le comité Nobel a ainsi récompensé « leur travail pour l’élimination pacifique du régime de l’apartheid et pour l’établissement des fondations d’une Afrique du Sud nouvelle et démocratique».

L’exemple de Mandela devrait inspirer bien des hommes politiques africains dont ceux de la Côte d’Ivoire, au pouvoir ou l’ayant été et qui aspirent y revenir. Prendre sa revanche est un leitmotiv dé- testable. Même s’il s’agit comme pour Henri Konan Bédié de retrouver le pouvoir qu’on a perdu brutalement par un coup d’Etat militaire aux ramifications civiles. Rien ne garantit qu’on ne veuille pas se venger des acteurs et des complices de ce putsch d’hier. Qu’on ne veuille pas poursuivre la politique qu’on menait et qui a justifié l’action des putschistes. Surtout quand on ne sait jamais
remis en cause.

La vengeance est aussi le sentiment enfoui des partisans de Laurent Gbagbo. Tout comme ceux d’Alassane Ouattara qui ont mené une croisade armée contre les coupables, à leurs yeux, des malheurs politiques d’alors de leur leader. Aujourd’hui, assis sur le tabouret du pouvoir, ils se délectent visiblement de la galère de leurs adversaires en donnant libre cours au «rattrapage ethnique».

A l’instar des promoteurs de l’ivoirité qu’ils ont pourtant combattu. Une société ainsi engluée dans la haine et la vengeance qui ne donne aucune chance à la réconciliation et au pardon ne peut pas produire une nation. La Côte d’Ivoire est malheureusement ce type de société. Dont les acteurs politiques ne fournissent aucun effort pour l’engager sur la voie d’une nation. Pourquoi pas «arc-en-ciel» puisque nous sommes de plusieurs ethnies ou venant d’horizons divers.

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