Veritas: Parole d’honneur et attitude de déshonneur

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L’idée a germé au RHDP et dans l’entourage du chef de l’Etat, au moment où Amadou Gon Coulibaly observait un long repos médical en France. Elle s’est davantage concrétisée, après le décès soudain et inattendu du Premier ministre, candidat désigné du parti au pouvoir à l’élection présidentielle d’octobre. La candidature du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, pour le compte du RHDP, pourrait être effective dans les prochains jours. M. Ouattara briguera donc un troisième mandat présidentiel, à la grande joie de ses partisans. Mais contre la volonté de l’opposition et de certains Ivoiriens qui aspirent à vivre dans un pays démocratique où le respect de la Constitution et l’alternance constituent des élans de vie.

Ce revirement d’Alassane Ouattara pourrait  également décevoir la communauté internationale notamment la France et les Etats-Unis qui s’étaient réjouis de la décision du président ivoirien de ne pas rempiler après ses deux mandats.  Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron,  s’était même lâché sur tweeter en ces termes : «Je salue la décision historique du président Alassane Ouattara, homme de parole et homme d’État, de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. Ce soir, la Côte d’Ivoire donne l’exemple».  Une boutade subtile à la Guinée-Conakry, voisine, où  Alpha Condé s’active contre vent et marées pour un troisième mandat.

En effet, le 5 mars dernier, devant les députés et les sénateurs réunis en congrès  à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix de Yamoussoukro, le président Ouattara avait annoncé, la main sur le cœur, qu’il renonçait définitivement à se présenter à nouveau.  «Durant les deux mandats que vous m’avez confiés à la tête de notre beau pays, j’ai toujours accordé une importance toute particulière au respect de mes engagements. Dans le même esprit, j’avais à plusieurs occasions indiqué, au moment de l’adoption de la Constitution de la III ème République, en 2016, que je ne souhaitais pas me représenter à un nouveau mandat présidentiel. En conséquence, je voudrais vous annoncer solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle de 2020», avait-il soutenu.

Des qualificatifs dithyrambiques à l’égard d’Alassane Ouattara avaient fusé de partout suite à cette annonce qui est apparue comme « une parole d’honneur ». Un journal proche du pouvoir avait même osé comparer Alassane Ouattara à Nelson Mandela. D’autant qu’à l’instar du Sud-Africain, l’Ivoirien avait décidé de ne pas briguer un prochain mandat présidentiel. Même si à la vérité, la décision volontaire de Mandela de ne pas faire un second mandat n’était pas anticonstitutionnel.

Environ cinq mois après l’épisode du 5 mars 2020, la parole donnée dans un concert de hourras et de félicitations est redevenue veule, sans honneur ni gloire. Le bel exemple qu’Alassane Ouattara constituait pour Alpha Condé et tous ces chefs d’Etat qui s’accrochent au pouvoir n’a duré que le temps d’une saison pluvieuse. Assurément emporté par les flots de ruissellement d’une saison des pluies particulièrement arrosée. M. Ouattara a rejoint le club des politiciens sans parole et des dirigeants africains pour qui la vie après le pouvoir signifie une non-vie. Au point qu’ils ne veuillent pas quitter le palais présidentiel de gré sauf à y contraint de force. Ces chefs d’Etat africains comme Idriss Déby, Paul Biya, Denis Sassou N’Guesso, Blaise Compaoré, Robert Mugabe etc. qui sont loin de figurer au panthéon de l’Afrique nouvelle où figure en bonne place l’Ivoirien nouveau.

Didier Depry

didierdepri@yahoo.fr

 

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